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Gozem : 31,4 millions $ de revenus pour ses chauffeurs

La super-application africaine Gozem poursuit son expansion tout en renforçant ses engagements sociaux et environnementaux. Dans son rapport ESG 2025, l'entreprise fondée à Lomé annonce 31,4 millions de dollars de revenus d'activité générés par les courses de ses chauffeurs partenaires, plus de 12 millions de trajets réalisés et 1 706 chauffeurs formés. Derrière ces chiffres, Gozem cherche à démontrer que son modèle peut associer croissance économique, amélioration des revenus et mobilité plus durable.

La Rédaction · 6 min de lecture
Gozem : 31,4 millions $ de revenus pour ses chauffeurs

L’essentiel en 3 points

  1. 31,4 millions de dollars de revenus d'activité liés au transport générés pour les chauffeurs partenaires en 2025, en hausse de 40 % sur un an.
  2. 601 306 utilisateurs actifs et plus de 12 millions de trajets réalisés sur les cinq marchés de présence du groupe.
  3. 22 initiatives ESG, associées à huit Objectifs de développement durable des Nations unies, avec des actions en faveur de la formation, de la sécurité routière, de l'inclusion et de la mobilité électrique.

Une croissance qui profite aussi aux chauffeurs

Partie du Togo en 2018 avec un service de réservation de motos-taxis, Gozem s’est progressivement transformée en plateforme multiservices. Présente au Togo, au Bénin, au Gabon, au Cameroun et en République du Congo, l’entreprise intervient désormais dans le transport, la livraison, le financement d’équipements professionnels et les services financiers numériques.

En 2025, Gozem a enregistré une progression de 25 % de ses utilisateurs actifs et une augmentation de 16 % du nombre de trajets effectués, selon son rapport environnemental, social et de gouvernance (ESG).

L’un des indicateurs les plus significatifs concerne les revenus des chauffeurs partenaires, appelés « Champions ». Les courses réalisées par leur intermédiaire ont généré 31,4 millions de dollars de revenus d’activité, soit une hausse de 40 % par rapport à 2024.

Le rapport fait également état de 7 203 chauffeurs actifs, en progression de 2 %, tandis que le revenu annuel moyen d’activité par chauffeur s’est établi à 4 359 dollars, en hausse de 37 %.

Ces données constituent un indicateur de l’activité économique facilitée par la plateforme. Il convient toutefois de distinguer ces montants du bénéfice net effectivement perçu par les chauffeurs, après déduction de leurs dépenses professionnelles.

Pour Gozem, l’enjeu dépasse la simple augmentation du volume des courses. L’entreprise veut contribuer à la structuration d’un secteur du transport encore largement informel dans plusieurs pays africains.

Du moto-taxi à la voiture : faire du transport un parcours professionnel

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L’un des axes majeurs du rapport concerne la progression professionnelle des chauffeurs.

Lancé en 2025, le programme Career Evolution vise à permettre aux conducteurs d’évoluer progressivement vers des catégories de véhicules offrant un potentiel de revenus supérieur.

Un chauffeur de moto-taxi peut ainsi accéder au financement d’un tricycle, puis éventuellement d’une voiture, sous réserve de satisfaire aux critères de performance, de formation et de remboursement.

Selon Gozem, 85 chauffeurs ont achevé ce parcours de progression en 2025. L’entreprise annonce une augmentation moyenne de revenus de 116 % lors du passage de la moto au tricycle et de 103 % lors du passage du tricycle à la voiture.

Le financement des véhicules joue un rôle central dans cette stratégie. Gozem propose un modèle de vente avec paiements échelonnés, pouvant s’étendre jusqu’à 48 mois, destiné notamment aux professionnels qui rencontrent des difficultés pour accéder au crédit bancaire traditionnel.

Au cours de l’année, le groupe indique avoir vendu 438 motos neuves, 268 tricycles neufs et 563 voitures neuves à travers son dispositif.

Cette approche présente un double intérêt économique : permettre aux chauffeurs de développer leur activité et renforcer, pour la plateforme, la disponibilité d’une flotte de transport plus moderne.

Formation et sécurité : des investissements dans la professionnalisation

La formation constitue un autre pilier du dispositif social de Gozem.

En 2025, 1 706 chauffeurs ont suivi au moins un module de la Gozem Champion Academy, soit une hausse de 339 % par rapport à 2024.

L’académie propose notamment des formations consacrées à la conduite défensive, au service client, à l’utilisation des outils de navigation, à l’écoconduite ainsi qu’à la prévention du harcèlement et des violences basées sur le genre.

Le rapport recense également 893 chauffeurs formés à la sécurité routière et 197 accompagnés dans l’obtention de leur permis de conduire au cours de l’année.

Sur le plan de l’assistance, 118 accidents ont nécessité un soutien financier de l’entreprise en 2025, représentant un montant global de 4 310 dollars.

Ces initiatives répondent à un défi majeur pour les plateformes de mobilité en Afrique : améliorer la qualité et la sécurité des services tout en accompagnant la professionnalisation des conducteurs.

Mobilité électrique : Gozem accélère, mais avance avec prudence

Sur le volet environnemental, Gozem indique avoir déployé 37 véhicules électriques en 2025, soit une progression de 177 % par rapport à l’année précédente.

Au Togo, sept voitures électriques ont été mises en circulation, contre trois au Bénin. Ce dernier marché a également accueilli 27 tricycles électriques dans le cadre d’une expérimentation.

L’entreprise prévoit d’étendre progressivement ces solutions, mais reconnaît plusieurs obstacles : performances des batteries, disponibilité des pièces de rechange et viabilité économique pour les conducteurs.

Le rapport met également en avant le potentiel environnemental des tricycles conventionnels. Au Togo, Gozem estime leurs émissions à 29 grammes de CO₂ par kilomètre et par passager, contre 67 grammes pour les motos et 49 grammes pour les voitures.

Ces données montrent l’intérêt potentiel des véhicules collectifs de petite capacité dans les stratégies de mobilité urbaine. Elles ne permettent toutefois pas, à elles seules, de quantifier la réduction totale des émissions de la plateforme.

Inclusion : les femmes occupent 34 % des postes de management

Le rapport ESG 2025 accorde aussi une place importante à la diversité et aux conditions de travail.

Sur un effectif total de 364 salariés, les femmes représentent 33 % du personnel et 34 % des managers. Ce dernier indicateur progresse d’un point par rapport à 2024.

Gozem indique également que 98 % de ses collaborateurs ont été formés à la prévention des violences basées sur le genre.

Pour accompagner le développement des compétences, l’entreprise a dispensé 6 708 heures de formation à ses salariés en 2025.

Au-delà des chiffres, elle annonce vouloir renforcer la participation des femmes dans les métiers du transport et développer des fonctionnalités de sécurité adaptées, notamment des services permettant aux utilisatrices d’être prises en charge par des conductrices.

Ces initiatives restent, pour certaines, au stade de projet dans le rapport.

Un modèle économique en pleine diversification

L’intérêt du rapport dépasse les seules questions de responsabilité sociale.

Gozem poursuit en parallèle la diversification de ses activités. En 2025, sa plateforme de commerce électronique a enregistré 587 351 commandes et compté 2 146 commerçants actifs.

Le groupe indique également que son écosystème d’e-commerce a généré 3,5 millions de dollars de revenus d’activité pour les commerçants partenaires.

À cela s’ajoute le développement de Gozem Money au Togo, dans le cadre de son partenariat avec NSIA Banque, qui illustre la volonté de l’entreprise d’aller au-delà du transport pour intégrer progressivement les services financiers à son offre.

Cette évolution pourrait renforcer les interactions entre transport, commerce, financement professionnel et paiements numériques.

Des résultats encourageants, mais des défis à mesurer

Avec 22 initiatives réparties sur huit Objectifs de développement durable, Gozem présente une stratégie qui cherche à intégrer les enjeux sociaux et environnementaux à son modèle d’affaires.

Le rapport souligne toutefois certaines limites, notamment les contraintes techniques des véhicules électriques et la nécessité d’améliorer le suivi des déchets produits par les opérations.

Par ailleurs, les indicateurs publiés sont principalement des données communiquées par l’entreprise. Le rapport ne permet pas de mesurer précisément les revenus nets des chauffeurs après leurs charges, ni de dresser un bilan carbone consolidé de l’ensemble des opérations.

Ces éléments seront importants pour apprécier, au fil des années, l’impact économique et environnemental réel du modèle.

Pour Gozem, la prochaine étape consistera donc à transformer ses initiatives en résultats durables et mesurables, tout en poursuivant son développement régional.

La question centrale est désormais de savoir si la croissance des plateformes africaines peut durablement améliorer les conditions économiques de ceux qui les font fonctionner.

Source : Gozem, rapport ESG 2025

Pourquoi c’est important

L'expérience de Gozem illustre une tendance plus large : la transformation progressive des activités informelles grâce aux plateformes numériques. Pour le Togo, où le groupe a démarré ses activités en 2018, trois enjeux économiques se dégagent. Le premier concerne l'accès aux équipements productifs. En facilitant l'acquisition de véhicules professionnels, les plateformes peuvent contribuer à renforcer les capacités économiques de travailleurs traditionnellement éloignés du financement bancaire. Le deuxième porte sur la formalisation et la professionnalisation du transport urbain. Les formations, l'accompagnement à l'obtention des permis et les dispositifs de sécurité peuvent améliorer les pratiques dans un secteur essentiel à la mobilité quotidienne. Le troisième enjeu concerne la transition énergétique des transports. Le développement de solutions électriques ou moins émettrices pourrait progressivement modifier les coûts d'exploitation et les pratiques de mobilité dans les grandes villes. Ces perspectives doivent néanmoins être confrontées à plusieurs réalités : le coût des véhicules, leur entretien, les conditions de financement, la rentabilité effective des chauffeurs et l'accessibilité des services pour les usagers.

« Nous ne considérons pas la croissance comme une réussite si elle ne bénéficie pas à nos Champions. »

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