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Économie

NSCT : le départ de Martin Drevon ouvre une nouvelle phase pour le coton togolais

La Nouvelle Société cotonnière du Togo (NSCT) change de direction. Martin Drevon quitte ses fonctions de directeur général, une décision annoncée le 8 octobre 2026, alors que la filière coton affiche des signes de redressement après plusieurs campagnes difficiles. Jacky Rivière assure désormais l'intérim, avec pour mission de préserver la continuité des activités. Derrière ce changement de dirigeant se dessine un enjeu économique plus large : transformer la reprise des rendements en une croissance durable de la production, sécuriser les revenus des cotonculteurs et renforcer la compétitivité de l'une des principales filières agricoles du pays

La Rédaction · Mis à jour le 9 octobre 2026 · 6 min de lecture
NSCT : le départ de Martin Drevon ouvre une nouvelle phase pour le coton togolais

L’essentiel en 3 points

  1. Un changement à la direction : Martin Drevon a quitté la direction générale de la NSCT. Sa décision a été portée à la connaissance du conseil d'administration le 30 septembre 2026. Jacky Rivière assure l'intérim.
  2. Une filière en reprise : après 60 403 tonnes de coton-graine produites en 2024-2025, la production de la campagne 2025-2026 est estimée autour de 80 000 tonnes par la NSCT, un chiffre qui reste à consolider.
  3. Une campagne 2026-2027 ambitieuse : la société annonce 120 000 hectares de superficies cotonnières pour la nouvelle saison. Le défi sera de convertir cette expansion en production effectivement récoltée, achetée et commercialisée.

Un départ annoncé dans un contexte de relance

La Nouvelle Société cotonnière du Togo ouvre un nouveau chapitre de sa gouvernance. Dans une communication rendue publique le 8 octobre, l’entreprise a officialisé le départ de son directeur général, Martin Drevon.

La décision avait été portée à la connaissance du conseil d’administration lors de sa réunion du 30 septembre. Selon les informations communiquées par la NSCT, elle répond au souhait du dirigeant de poursuivre une nouvelle étape de sa carrière professionnelle.

Le départ ne s’accompagne pas, à ce stade, de l’annonce d’une réorientation stratégique de la société.

Pour assurer la transition, Jacky Rivière, qui avait déjà exercé des responsabilités à la tête de la NSCT en 2021, prend la direction générale par intérim, en attendant la nomination d’un successeur permanent.

La société insiste sur la poursuite normale de ses activités, notamment l’accompagnement des producteurs et le déroulement de la campagne cotonnière 2026-2027.

Cette continuité revêt une importance particulière pour une filière dont les performances dépendent d’une coordination étroite entre agriculteurs, organisations professionnelles, structures d’encadrement, unités d’égrenage et acheteurs.

Une production qui retrouve des couleurs après plusieurs années difficiles

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Le départ de Martin Drevon intervient à un moment où les indicateurs de la filière montrent une amélioration, sans effacer les difficultés des années précédentes.

Lors de la campagne 2022-2023, la production de coton-graine était descendue à 46 549 tonnes, contre 52 528 tonnes lors de la campagne précédente. Elle a ensuite rebondi en 2023-2024, avant de s’établir à 60 403 tonnes en 2024-2025.

Pour la campagne 2025-2026, la NSCT avance une production proche de 80 000 tonnes, ce qui représenterait une hausse d’environ un tiers par rapport à la saison précédente, si ce niveau est définitivement confirmé.

La reprise s’observe également sur les rendements agricoles. Selon les données présentées lors de l’annonce du départ, la campagne 2025-2026 aurait atteint une moyenne de 1 064 kilogrammes à l’hectare, un record selon la NSCT depuis sa création.

Ce chiffre est supérieur au rendement provisoire de 995 kilogrammes à l’hectare communiqué en avril 2026. Cette évolution appelle une précision méthodologique sur le périmètre et la consolidation des données, mais elle illustre la progression revendiquée par la société.

Pour autant, cette reprise reste fragile. La production cotonnière demeure exposée aux conditions climatiques, aux rendements agricoles, aux coûts des intrants et aux conditions de commercialisation.

Olam, l’État et les producteurs : une gouvernance à plusieurs acteurs

La NSCT occupe une place particulière dans l’économie agricole togolaise.

Depuis l’entrée du groupe singapourien Olam au capital en 2020, l’entreprise repose sur un actionnariat associant un investisseur international, l’État et les producteurs.

Olam contrôle 51 % du capital, tandis que les parts restantes sont détenues par l’État togolais et les organisations de producteurs.

Ce modèle vise à associer les capitaux privés, les priorités publiques et les intérêts des exploitants agricoles dans le développement de la filière.

Mais cette configuration implique également de maintenir un équilibre entre plusieurs impératifs : rentabilité de l’entreprise, investissements industriels, rémunération des producteurs et développement des volumes de production.

Le prochain directeur général héritera donc d’une responsabilité qui dépasse la gestion quotidienne de la NSCT. Il devra préserver la confiance des différents partenaires et consolider les résultats économiques de la filière.

120 000 hectares annoncés pour 2026-2027 : le prochain grand test

L’expansion des superficies cotonnières constitue l’un des principaux paris de la nouvelle campagne agricole.

Selon les données présentées lors de la transition, les superficies annoncées pour 2026-2027 atteignent 120 000 hectares, contre 80 000 hectares lors de la campagne précédente.

La progression annoncée est significative. Mais davantage d’hectares ne garantit pas automatiquement davantage de coton commercialisable.

La performance finale dépendra de la qualité des semences, de l’accès aux intrants, des précipitations, de la maîtrise des maladies et ravageurs ainsi que de la capacité à organiser la collecte.

À cela s’ajoutent les défis logistiques : transport du coton-graine, capacités d’égrenage, stockage et respect des délais de paiement.

Pour la nouvelle équipe dirigeante, la réussite ne se limitera donc pas au nombre d’hectares mis en culture. Elle devra aussi se mesurer à la productivité et à la valeur économique effectivement créée.

Une agriculture plus productive et plus durable

La période de direction de Martin Drevon a également été marquée par des initiatives destinées à améliorer durablement la productivité agricole.

Selon la NSCT, plus de 37 550 producteurs ont bénéficié de formations à l’agriculture régénératrice. La société a notamment encouragé l’utilisation du biochar et du bokashi, deux solutions de valorisation de matières organiques destinées à améliorer la qualité des sols.

Ces pratiques présentent un intérêt économique pour une filière exposée à la dégradation des sols et aux aléas climatiques. À terme, une meilleure fertilité des terres pourrait contribuer à stabiliser les rendements et à réduire certains besoins en intrants.

Cependant, les résultats annoncés en matière de formation ne suffisent pas à mesurer les gains économiques effectivement obtenus par chaque producteur. La prochaine étape consistera notamment à évaluer les effets de ces pratiques sur les coûts de production, la productivité et les revenus agricoles.

Les quatre défis du prochain directeur général

Transformer l’amélioration des rendements en croissance régulière, sans dépendre uniquement de l’extension des surfaces cultivées.

1. Préserver les revenus agricoles

Maintenir la confiance des cotonculteurs grâce à la disponibilité des intrants, à une collecte efficace et à des paiements prévisibles.

2. Renforcer la compétitivité

Améliorer les performances logistiques et industrielles tout en maîtrisant les coûts d’exploitation.

3. Créer davantage de valeur locale

Examiner les possibilités de développer la transformation et les débouchés industriels afin de mieux valoriser la production nationale.

Ces priorités constituent une analyse de la rédaction et non une feuille de route officiellement annoncée pour le prochain directeur général.

Le véritable test sera la capacité de la NSCT à maintenir la progression de ses indicateurs tout en améliorant les retombées économiques pour les producteurs.

4. Une transition à suivre de près

Le départ de Martin Drevon intervient à un moment charnière pour le coton togolais. Après plusieurs années de fluctuations, la filière retrouve des perspectives de croissance, portées par l’amélioration annoncée des rendements et l’augmentation des superficies cultivées.

La nomination du prochain directeur général sera un premier indicateur des orientations retenues pour poursuivre cette dynamique.

Mais ce sont surtout les résultats de la campagne 2026-2027, les performances de commercialisation et l’évolution des revenus des producteurs qui permettront d’apprécier la solidité du redressement.

Pour la NSCT, le défi n’est plus seulement de produire davantage de coton. Il est désormais de faire de cette croissance une source durable de revenus, de compétitivité et de valeur ajoutée pour l’économie togolaise.

Sources

  1. Togo First — Martin Drevon quitte la NSCT après six ans à la tête de la filière coton, 9 octobre 2026. Départ, intérim et évolution historique de la production.
  2. Agroclimatique Togo — Martin Drevon quitte la direction générale de la NSCT, 8 octobre 2026. Éléments du communiqué de la société et perspectives agricoles.
  3. République Togolaise — Martin Drevon quitte la NSCT, 9 octobre 2026. Rendements, formations agricoles et gouvernance.
  4. Togo First — Coton au Togo : record historique de rendement et vent d’espoir à la NSCT, 16 avril 2026. Données provisoires de la campagne 2025-2026.
  5. Portail officiel de la République togolaise — Commercialisation du coton-graine, 5 décembre 2025. Organisation de la commercialisation et données antérieures.

Pourquoi c’est important

Le coton demeure une culture de rente importante au Togo et une source d'activité pour les économies rurales. L'organisation de la filière mobilise des agriculteurs, des transporteurs, des unités d'égrenage et des acteurs commerciaux. Site officiel du Togo, République Togolaise Un changement de direction au sein de la NSCT peut donc avoir des implications au-delà de l'entreprise elle-même. Pour les producteurs, l'enjeu est de conserver un encadrement technique de qualité, un accès fiable aux intrants et des conditions de commercialisation prévisibles. Pour l'industrie, une production plus importante et régulière pourrait améliorer l'utilisation des capacités d'égrenage et soutenir les activités de transformation. Pour l'économie nationale, une filière cotonnière plus performante peut contribuer aux exportations et à la création de valeur ajoutée. Mais cette contribution dépendra également des prix internationaux, des charges de production et de la part de la matière première transformée localement.

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