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Décryptages

Céréales au Togo : produire plus ne garantit pas de gagner davantage

La production céréalière togolaise est attendue en hausse de 4,3 % en 2026-2027. Mais la baisse du prix du maïs rappelle une autre réalité : une récolte plus abondante peut améliorer l’alimentation des ménages tout en fragilisant les recettes des producteurs.

La Rédaction · Mis à jour le 2 novembre 2026 · 3 min de lecture
Céréales au Togo : produire plus ne garantit pas de gagner davantage

L’essentiel en 3 points

  1. FEWS NET prévoit près de 1,96 million de tonnes de céréales pour la campagne 2026-2027.
  2. Le prix moyen du maïs atteignait 155 FCFA/kg en septembre, en recul de 54 % sur un an.
  3. L’ANSAT prévoit des achats de 13 000 tonnes pour une enveloppe de 2,6 milliards de FCFA.

Pour un ménage qui achète son maïs, un prix plus bas est une bonne nouvelle. Pour celui qui doit vendre sa récolte, le même mouvement peut réduire la trésorerie disponible. C’est cette tension que révèle la dernière mise à jour de FEWS NET sur le Togo.

Le réseau estime la production céréalière à 1 955 893 tonnes en 2026-2027. La récolte attendue dépasserait de 4,3 % celle de la campagne précédente. Il s’agit d’une prévision, et non d’un bilan définitif.

Le prix change l’équation du producteur

En septembre, FEWS NET relève un prix moyen de 155 FCFA par kilogramme de maïs, soit 54 % de moins qu’un an auparavant. Le réseau associe cette baisse à l’abondance des disponibilités et à l’arrivée des récoltes. Il souligne l’effet favorable sur l’accès alimentaire, mais aussi la réduction des revenus de vente.

La différence entre volume et revenu est essentielle. Illustration théorique : si une exploitation vend 10 % de céréales supplémentaires mais à un prix inférieur de 20 %, son chiffre d’affaires baisse de 12 %. Ce calcul ne décrit pas une exploitation enquêtée au Togo ; il montre pourquoi la croissance des récoltes ne suffit pas à mesurer la santé économique d’une filière.

Stocker ne suffit pas sans débouché

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Retarder la vente peut sembler une réponse à des cours faibles. Encore faut-il financer le stockage, préserver la qualité et supporter l’attente. Une remontée future des prix n’est jamais acquise.

Pour les acteurs de la collecte et de la transformation, l’enjeu est donc de mieux relier les volumes disponibles à une demande identifiable. Des contrats, une qualité régulière et une logistique maîtrisée peuvent compter autant que la quantité récoltée.

Pourquoi c’est important

Selon Togo First, l’ANSAT prévoit d’acheter environ 13 000 tonnes pour 2,6 milliards de FCFA afin de renforcer les stocks de sécurité et soutenir les producteurs. Cette intervention ne renseigne pas, à elle seule, sur les conditions d’écoulement de l’ensemble de la récolte.FEWS NET signale également que l’insécurité limite l’accès aux terres et aux marchés dans les Kpendjals. Les perspectives nationales doivent donc être lues avec leurs différences territoriales.Pour les entreprises agricoles, le signal à suivre sera la combinaison du prix obtenu, des volumes effectivement vendus et des coûts engagés. La performance d’une campagne se juge aussi au revenu qui reste après la vente.

Sources

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