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Économie

Électricité : quels risques pour les entreprises togolaises jusqu’au 22 octobre ?

Du 7 au 22 octobre 2026, les entreprises togolaises doivent composer avec un risque accru de perturbations électriques. En cause : des travaux de maintenance sur le Gazoduc d'Afrique de l'Ouest, qui entraînent l'interruption temporaire de l'approvisionnement en gaz naturel des centrales thermiques du pays. Si la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET) prévoit de recourir à des combustibles alternatifs pour maintenir la production, elle prévient que certaines coupures restent possibles. Pour les industriels, commerçants et prestataires de services, cette situation soulève une question économique majeure : comment préserver leur activité face à une alimentation électrique potentiellement instable ?

La Rédaction · 7 min de lecture
Électricité : quels risques pour les entreprises togolaises jusqu’au 22 octobre ?

L’essentiel en 3 points

  1. Une période de vigilance jusqu'au 22 octobre : la maintenance des installations de WAPCo interrompt temporairement l'approvisionnement en gaz naturel des centrales thermiques togolaises.
  2. Une production électrique plus coûteuse : la CEET prévoit d'utiliser des combustibles liquides, plus onéreux, pour limiter les interruptions de service.
  3. Des risques économiques pour les entreprises : arrêts de production, pertes de marchandises, dépenses de secours énergétique et perturbations des services figurent parmi les conséquences possibles, dont l'ampleur reste inconnue.

Pourquoi l’électricité pourrait être perturbée pendant deux semaines

Au Togo, la continuité de l’approvisionnement électrique dépend notamment du fonctionnement des centrales thermiques alimentées en gaz naturel.

Or, une partie des équipements de la West African Gas Pipeline Company (WAPCo), société exploitant le Gazoduc d’Afrique de l’Ouest, fait l’objet de travaux de maintenance préventive programmés du 7 au 22 octobre 2026.

Initialement prévues entre août et septembre, ces interventions avaient été reportées.

Dans un communiqué du 5 octobre, la CEET a informé ses abonnés que les livraisons de gaz naturel aux centrales thermiques installées sur le territoire national seraient interrompues pendant les travaux.

Cette situation ne signifie pas un arrêt général de la fourniture d’électricité au Togo. Elle réduit néanmoins les possibilités habituelles d’alimentation de certaines unités de production et nécessite le recours à des solutions alternatives.

La compagnie publique a ainsi annoncé qu’elle utiliserait des combustibles liquides pour continuer à produire de l’électricité, malgré leur coût plus élevé.

La CEET reconnaît toutefois que ces dispositions ne permettront pas d’écarter totalement les interruptions dans certains quartiers et localités.

Un risque différent selon les activités économiques

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Les conséquences d’une interruption électrique ne sont pas identiques pour toutes les entreprises. Elles dépendent principalement de la durée des coupures, de la sensibilité des équipements et de l’existence d’une source d’alimentation de secours.

Pour certaines activités, une coupure de quelques minutes peut être absorbée sans difficulté majeure. Pour d’autres, elle peut interrompre une chaîne de production ou compromettre des marchandises.

Industrie : le risque d’arrêts de production

Les entreprises industrielles figurent parmi les activités potentiellement les plus sensibles.

Dans une unité de transformation agroalimentaire, une imprimerie, une menuiserie industrielle ou un atelier utilisant des machines électriques, une interruption non anticipée peut désorganiser le processus de fabrication.

Au-delà du temps d’arrêt, le redémarrage des installations peut entraîner des coûts supplémentaires. Certaines entreprises doivent également maintenir une alimentation stable pour préserver leurs équipements et respecter leurs engagements de livraison.

Pour les industriels disposant de groupes électrogènes, le maintien de l’activité reste possible, mais il peut s’accompagner d’une hausse des dépenses de carburant et de maintenance.

Commerce et distribution : des marchandises exposées

Les commerces dépendants de la chaîne du froid sont également concernés.

Supermarchés, poissonneries, boucheries, restaurants et entreprises spécialisées dans les produits surgelés peuvent rencontrer des difficultés si les interruptions se prolongent au-delà de l’autonomie de leurs installations.

Une perte de température non maîtrisée peut compromettre la conservation de certaines marchandises et entraîner des pertes financières.

La vulnérabilité dépend notamment de la durée des coupures, de la qualité des équipements frigorifiques et des dispositifs de secours disponibles.

Services : des opérations potentiellement ralenties

Dans les banques, les entreprises numériques, les centres d’appels et les structures administratives, une alimentation électrique instable peut affecter le fonctionnement des serveurs, ordinateurs, équipements de connexion et moyens de paiement.

Les systèmes disposant de batteries ou d’onduleurs peuvent limiter les interruptions de courte durée, mais leur autonomie reste variable.

Pour les petites entreprises ne disposant pas de solutions de secours, une coupure peut simplement signifier une suspension temporaire de l’activité.

Pourquoi c’est important

L’électricité représente bien plus qu’un service de base pour une économie : elle constitue un facteur de production.

Lorsqu’une entreprise ne peut pas compter sur une alimentation suffisamment stable, elle doit soit accepter un risque d’interruption, soit investir dans des solutions alternatives.

Dans les deux cas, sa structure de coûts peut être affectée.

Les principaux risques économiques à surveiller

RisqueConséquence potentielle
ProductionRetards, arrêts d’activité, baisse du rendement
TrésorerieDépenses supplémentaires de carburant ou de maintenance
MarchandisesPertes possibles de produits sensibles à la température
ÉquipementsDommages possibles liés aux variations de tension
Service clientRetards de livraison, indisponibilités ou baisse de productivité

Analyse de la rédaction : risques potentiels, et non pertes économiques constatées ou chiffrées.

Le coût d’une coupure ne se résume donc pas à l’électricité non consommée. Il peut inclure des heures de travail perdues, des commandes retardées, des produits détériorés et des dépenses imprévues.

Pour les petites et moyennes entreprises, ces charges peuvent peser sur une trésorerie déjà mobilisée par les dépenses courantes.

Le recours à des combustibles plus chers pose aussi la question du coût de production

La décision de la CEET de mobiliser des combustibles liquides constitue un élément central de cette période de maintenance.

Elle vise à préserver une partie de l’offre électrique alors que les centrales thermiques ne peuvent plus bénéficier de leurs livraisons habituelles de gaz naturel.

Mais cette solution présente un inconvénient économique : elle est plus coûteuse.

Ce surcoût concerne d’abord la production d’électricité. Il ne faut toutefois pas en déduire automatiquement une hausse des tarifs facturés aux entreprises ou aux ménages.

À ce stade, les annonces consultées ne font état d’aucune augmentation tarifaire directement liée à la maintenance de WAPCo.

La question porte plutôt sur la capacité du système électrique à absorber des dépenses temporaires supplémentaires tout en maintenant une fourniture satisfaisante.

Une situation qui rappelle le coût économique de la dépendance énergétique

Les travaux sur le Gazoduc d’Afrique de l’Ouest mettent en évidence une caractéristique du système énergétique togolais : une partie de sa production électrique dépend d’une infrastructure régionale d’approvisionnement en gaz.

Cette interdépendance peut être avantageuse en période normale, mais elle constitue aussi un facteur de vulnérabilité lorsque des opérations de maintenance ou des incidents perturbent les livraisons.

L’enjeu n’est pas nécessairement de supprimer cette dépendance, mais de diversifier les sources d’énergie, de renforcer les capacités de secours et d’améliorer la résilience du réseau.

À cet égard, la situation intervient dans un contexte de réflexion plus large sur l’avenir du secteur électrique togolais.

Le gouvernement a adopté, le 6 octobre 2026, un projet de loi destiné à faciliter les investissements privés, l’autoproduction, l’autoconsommation et l’intégration de nouvelles solutions énergétiques.

Cette réforme pourrait, à terme, favoriser une diversification des capacités de production. Elle ne constitue cependant pas une réponse immédiate aux perturbations annoncées pour octobre.

Pour les entreprises, les investissements dans des installations solaires, des batteries, des onduleurs ou des groupes électrogènes peuvent également être envisagés selon les besoins. Leur intérêt économique doit être évalué au regard des coûts, de l’autonomie recherchée et de la fréquence réelle des interruptions.

Comment les entreprises peuvent limiter les risques jusqu’au 22 octobre

Sans pouvoir prévoir la durée ou la localisation des éventuelles coupures, plusieurs précautions peuvent aider les entreprises à réduire leur exposition.

  • Identifier les équipements critiques : serveurs, machines, réfrigérateurs, chambres froides et systèmes de paiement.
  • Vérifier les solutions de secours : autonomie des onduleurs, disponibilité du carburant et état des groupes électrogènes.
  • Adapter certaines opérations : organiser les activités les plus sensibles en tenant compte des informations de la CEET.
  • Sécuriser les données et équipements : sauvegarder régulièrement les fichiers et protéger les installations contre les variations de tension.
  • Informer les clients : anticiper d’éventuels délais supplémentaires si l’activité est perturbée.

La CEET recommande notamment de garder les appareils débranchés pendant les coupures et de ne les reconnecter qu’une fois l’alimentation rétablie.

Ce que l’on sait, et ce qui reste incertain

À la date du 9 octobre 2026, plusieurs éléments sont établis : les opérations de maintenance sont programmées jusqu’au 22 octobre, l’approvisionnement en gaz des centrales thermiques est interrompu pendant les travaux et la CEET recourt à des combustibles liquides pour limiter les perturbations.

En revanche, aucune estimation officielle du coût économique des éventuelles coupures pour les entreprises togolaises n’a été identifiée dans les sources consultées.

La fréquence et la durée précises des interruptions, les zones concernées ainsi que leur impact financier restent donc à déterminer.

C’est sur ces indicateurs que devra porter l’évaluation réelle des conséquences économiques de cette période.

Pour les entreprises togolaises, l’enjeu immédiat est de limiter les pertes d’activité. À plus long terme, cet épisode rappelle que la fiabilité de l’approvisionnement électrique reste une condition essentielle de la compétitivité économique du pays.

Sources

  1. Portail officiel de la République togolaise, 6 octobre 2026 — Électricité : des interruptions annoncées jusqu’au 22 octobre. Information officielle sur les travaux, le recours aux combustibles liquides et les précautions recommandées.
  2. Togo First, 6 octobre 2026 — Fourniture d’électricité : des perturbations possibles, sur fond de travaux de WAPCo. Contexte énergétique et mesures prises par la CEET.
  3. ACTU LOMÉ, 6 octobre 2026 — Électricité : la CEET annonce des coupures du 7 au 22 octobre. Reprise de l’annonce de la compagnie publique.
  4. Togo First, 8 octobre 2026 — Le gouvernement veut davantage ouvrir le secteur électrique aux investissements privés. Contexte des réformes du secteur.
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